Nina Armstrong, directrice du développement commercial | GBI
Les établissements de santé doivent prendre en compte de nombreux facteurs. Ce sont des lieux où l’on vient pour se soigner, mais l’environnement bâti lui-même joue un rôle crucial dans les résultats en matière de santé. Ils accordent la priorité au bien-être des patients, mais doivent également gérer l’efficacité énergétique, la conception favorable à la santé et les coûts d’exploitation. La bonne nouvelle ? Il existe un moyen de concilier tout cela : en adoptant une conception durable, les propriétaires et les exploitants d’établissements améliorent également les résultats en matière de santé, réduisent les émissions de carbone et créent des espaces qui répondent véritablement aux besoins des personnes qui les fréquentent et des communautés dans lesquelles ils s’inscrivent.
Bien-être des occupants
Le développement durable ne se limite pas à réduire l’impact environnemental : il permet également d’améliorer les résultats. Que ce soit grâce à une conception biophilique, à des choix de matériaux plus judicieux ou à des systèmes économes en énergie, la clé de la conception et de l’exploitation des établissements de santé réside à la croisée du développement durable, de la décarbonisation et du bien-être des usagers.
Pensez aux endroits où vous vous sentez le plus apaisé. Il y a fort à parier qu’ils bénéficient d’une lumière naturelle abondante, d’un air pur et frais, et d’un lien avec la nature. Ce n’est pas un hasard : le design biophilique a un impact mesurable sur la réduction du stress, les fonctions cognitives et le bien-être général. Dans le secteur de la santé, cela se traduit par de meilleurs taux de guérison des patients, une diminution de l’épuisement professionnel du personnel et une amélioration de la qualité de l’air intérieur.
Mais cela va au-delà de l’esthétique et des environnements dans lesquels les êtres humains s’épanouissent le mieux. Les stratégies de conception biophilique peuvent également réduire la consommation d’énergie. Optimiser la lumière naturelle diminue la dépendance à l’éclairage artificiel, ce qui réduit la demande énergétique et abaisse les coûts d’exploitation. Des systèmes de ventilation naturelle bien conçus réduisent le recours aux systèmes de chauffage, de ventilation et de climatisation (CVC), diminuant ainsi à la fois la consommation d’énergie et les émissions de carbone. Le bois issu d’une exploitation responsable séquestre le carbone et nécessite une fabrication moins gourmande en énergie que l’acier ou le béton. Il en va de même pour les plantes et les murs végétaux, qui ont la capacité d’améliorer la qualité de l’air et d’atténuer l’effet d’îlot de chaleur urbain.
La planète et les patients
Le choix des matériaux est un autre aspect important à prendre en compte. Au-delà de la recherche de l’esthétique la plus agréable, il s’agit de privilégier des solutions qui soient bénéfiques tant pour la planète que pour les patients et le personnel à l’intérieur du bâtiment. Les bons choix peuvent à la fois réduire le carbone incorporé, améliorer la qualité de l’air intérieur et créer des environnements plus sains. Les matériaux à faible teneur en COV réduisent la présence de substances chimiques nocives dans l’air, favorisant ainsi la santé et le bien-être. Opter pour du bois issu de sources responsables et certifié par un organisme tiers garantit une empreinte carbone réduite. L’intégration de matériaux recyclés et biosourcés réduit les déchets et limite le recours à de nouveaux matériaux à forte intensité énergétique. Le choix de composites certifiés écologiques garantit que les matériaux répondent à des critères stricts en matière de durabilité et de santé environnementale.

Les établissements de santé peuvent être des environnements très stressants. Des stratégies thermiques et acoustiques adaptées peuvent considérablement améliorer le confort et le bien-être, tout en présentant l’avantage supplémentaire d’accroître l’efficacité. Une enveloppe de bâtiment bien conçue minimise les pertes et les apports thermiques, garantissant ainsi des températures confortables sans consommation d'énergie excessive. Le confort thermique doit être pris en compte en fonction de la fonction de chaque espace : une salle de réveil pour les patients doit présenter des conditions thermiques différentes de celles d'une salle d'attente très fréquentée. La pollution sonore est un facteur de stress majeur dans les établissements de santé, et une conception acoustique réfléchie dès les premières étapes permet d'éviter des travaux de remise en état coûteux par la suite.
Il est tout aussi important de prendre en compte la manière dont les personnes se rendent dans un établissement de santé et s'y déplacent. Le choix d'un site disposant de moyens de transport à proximité permet de réduire les émissions, d'améliorer l'accessibilité et de préserver l'environnement local ainsi que la communauté desservie par l'établissement. La mise à disposition de bornes de recharge pour véhicules électriques et la promotion du covoiturage contribuent à réduire les embouteillages et à diminuer la pollution. Une conception réfléchie du site, qui privilégie l'accès piétonnier et les espaces verts, favorise le bien-être tant physique que mental.
La conception et l'exploitation durables constituent le fondement d'un avenir meilleur. Les établissements de santé qui intègrent le bien-être, la décarbonisation et des choix de conception intelligents ne se contentent pas de réduire leur impact environnemental : ils améliorent également la vie des membres de la communauté qui dépendent des services et des infrastructures de santé qu'ils fournissent.
Ce n'est pas une tendance. C'est la nouvelle norme. La question est la suivante : sommes-nous prêts à nous engager à créer des espaces qui favorisent véritablement le bien-être des personnes et la protection de la planète ? La réponse devrait être évidente.